Actualité
Gazole moins cher que l'essence : les vraies raisons
Après des mois de prix records, le diesel a chuté de 7 centimes en une semaine. Une baisse inédite expliquée par trois facteurs clés.
D'après: caradisiac
Une inversion des prix historique
Pendant longtemps, le gazole était traditionnellement moins cher que le sans-plomb au Maroc comme en Europe. Cette réalité a basculé avec les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont fait s'envoler le prix du diesel à des niveaux record.
Or, en l'espace de quelques jours en mai 2026, le gazole a perdu 7 centimes par litre, passant de près de 2,40 € à 2,10 € — la baisse la plus spectaculaire observée en un mois. Pendant ce temps, l'essence a continué de grimper. Mais rapidement, les deux carburants se sont rapprochés : le 27 mai, le diesel s'affichait à 2,121 € et le 95 à 2,125 €.
Trois facteurs expliquent cette baisse surprise
1. L'accalmie géopolitique et les cours du pétrole
Les tensions en Iran et les attaques contre les raffineries du Golfe avaient asphyxié l'offre mondiale de gazole. Une légère détente sur ces fronts et une baisse du prix du baril ont suffi à desserrer l'étau.
2. L'avantage fiscal du diesel
En France (comme dans plusieurs pays européens), le gazole bénéficie d'une fiscalité plus favorable que le sans-plomb : 61 centimes d'accise contre 67 centimes pour le 95. Lors de baisses, cet écart d'imposition amplifie la chute des prix à la pompe.
3. L'arrêt des chaudières de chauffage
Le facteur le plus surprenant : l'extinction généralisée des chaudières à fioul en Europe à la mi-mai. Selon l'Ademe, 2,6 millions de foyers français se chauffent toujours au fioul, consommant en moyenne 2 000 litres par an. Aux beaux jours, ces chaudières s'arrêtent, réduisant drastiquement la demande mondiale en gazole de chauffage. Cette baisse de tension du marché rend le diesel plus abordable.
Une situation qui pourrait durer
Bien que le diesel ait commencé à remonter après le 25 mai, l'Union française de l'industrie du pétrole (UFIP) estime qu'un léger écart de prix pourrait persister sur plusieurs mois — jusqu'au retour des froids automno-hivernaux et au redémarrage des chaudières.
Pour les acheteurs marocains, cette tendance reste théorique pour le moment, mais elle illustre comment trois phénomènes — géopolitique, fiscalité et saisonnalité — peuvent transformer radicalement la courbe des carburants.
Source : caradisiac