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Actualité

Places de parking en voie de disparition : l'effet domino des SUV

Les voitures s'élargissent chaque année. Résultat : des centaines de milliers de places vont disparaître des villes d'Europe d'ici 2040.

D'après: caradisiac

SUV dans un parking urbain, place étroite

Une crise urbaine du stationnement

Vous avez du mal à vous garer dans votre SUV ? C'est normal. Les véhicules gagnent chaque année en largeur — en moyenne 0,5 cm par an — tandis que les places de parking, elles, restent inchangées depuis des décennies.

Selon une étude publiée par les ONG Transport & Environment et Clean Cities, cette croissance continue entraîne une conséquence inattendue : la disparition massive des places de stationnement. Les normes actuelles prévoient des emplacements de 4,80 à 5 m de long pour 2,20 à 2,30 m de large. Mais les voitures modernes, particulièrement les SUV qui représentent 56 % des ventes en Europe, dépassent de plus en plus ces limites.

Quand les autorités urbaines décident d'agrandir les places pour accommoder les nouveaux véhicules, elles ne peuvent le faire qu'en réduisant leur nombre. Une équation impossible sur un espace urbain contraint.

Les chiffres qui font peur

D'ici à 2040, les pertes seront massives :

  • Londres et Berlin : jusqu'à 118 000 places disparues chacune
  • Rome : près de 95 000 places
  • Paris : 12 000 places supplémentaires

Au Maroc et dans les grandes villes maghrébines, cette tendance arrive plus lentement, mais elle arrive. Les stationnements deviennent un bien rare et cher à Casablanca, Rabat et Fès.

Les autorités durcissent le ton

Face à cette crise, les politiques urbaines s'endureissent. Plusieurs villes françaises (Paris, Lyon, Bordeaux) ont déjà mis en place un tarif de stationnement plus élevé pour les véhicules lourds.

Les demandes auprès des gouvernements et de l'Union européenne incluent :

  • Un malus au poids renforcé
  • Des taxes d'immatriculation dissuasives
  • L'interdiction pure et simple des véhicules dépassant 1,92 m de large à compter de 2035

Comme le résume Marie Chéron, directrice de T&E France : « Il est temps que l'automobile s'adapte à la ville, et non l'inverse ».

Un enjeu de sécurité aussi

Le problème ne se limite pas au stationnement. La hausse de la hauteur des capots — passée de 76,9 cm en 2010 à 83,8 cm en 2024 en moyenne — crée un risque accru pour les piétons et cyclistes.

Le choc se porte désormais sur le bassin, la poitrine ou la tête au lieu des jambes. De plus, cette élévation réduit la visibilité directe du conducteur vers le sol, particulièrement dangereux pour les enfants.

Sans changement, cette tendance causerait 400 décès supplémentaires par an en Europe d'ici 2040, principalement parmi les piétons et cyclistes.

Quel impact pour les automobilistes ?

La facture s'annonce salée. Entre le surcoût de stationnement, les malus renforcés et l'interdiction progressive des gros véhicules, les automobilistes urbains font face à un choix : adapter leur véhicule à la réalité urbaine ou payer davantage pour circuler et se garer en ville.

Source : caradisiac