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Vélo-cargo : comment l'automobile abandonne la camionnette en ville

En milieu urbain, le vélo-cargo électrique supplante progressivement la camionnette. Rentabilité accrue, stationnement facile et accès aux zones piéto

D'après: caradisiac

Vélo-cargo électrique de livraison stationné en centre-ville

En ville, la camionnette blanche devient une espèce en voie de disparition. Le vélo-cargo électrique s'impose progressivement comme la solution de livraison du dernier kilomètre, avec des chiffres éloquents : un cyclologiste livre entre 20 et 25 colis par heure, contre à peine 12 pour un véhicule utilitaire léger (VUL). Et pour cause : 51 à 60 % des livraisons urbaines concernent des colis de moins de 200 kg sur des distances courtes (moins de 5-7 km).

L'équation économique est implacable

Le dernier kilomètre représente jusqu'à 50 % du coût total de transport. Un livreur en camionnette perd en moyenne 12 minutes par tournée à chercher une place de stationnement — un problème que le vélo-cargo résout instantanément. L'investissement est trois fois moins coûteux, et l'entretien réduit de 70 %. Pour les exploitants, c'est simple : la rentabilité a doublé, sans compter les bénéfices écologiques.

Les constructeurs automobiles en première ligne

L'année 2025 a marqué un tournant décisif. Les géants de l'automobile ne font pas que regarder — ils participent activement.

  • Renault Trucks assemble les châssis du Kleuster 350 dans son usine de Vénissieux
  • Toyota s'associe à Douze Cycles pour distribuer et entretenir le modèle Hêta dans ses concessions
  • BMW concède sa technologie brevetée de châssis pendulaire à Cube
  • Peugeot (Stellantis) propose des modèles e-Longtail pour familles et professionnels
  • Mercedes-Benz développe avec Onomotion des conteneurs interchangeables entre fourgons et vélos

Les équipementiers comme Valeo et Bosch fournissent moteurs, transmissions, électronique et systèmes de sécurité (ABS inclus). L'automobile industrialise la cyclo-logistique avec ses standards de robustesse et ses réseaux de maintenance.

Les géants de la logistique emboîtent le pas

La Poste dépasse les 1 200 vélos-cargos déployés dans 60 villes françaises, réduisant l'empreinte carbone de 50 % par rapport à 2013. Amazon revendique qu'un colis sur deux livré à Paris l'est désormais par modes doux, via des micro-hubs urbains dans d'anciens parkings ou dépôts de transport.

Le défi : trouver l'espace

Mais la montée en puissance bute sur une réalité foncière : la cyclo-logistique a besoin de proximité. La marchandise doit être transbordée depuis des poids lourds vers des vélos au plus près des centres-villes. « Le foncier est le nerf de la guerre », résument les experts. Avec un taux de remplacement potentiel de 60 % des livraisons légères, l'expansion dépendra de la capacité des municipalités à sanctuariser des espaces de logistique urbaine (ELU).

Source : caradisiac