Actualité
Cobalt en RDC : les quotas d'export menacent l'industrie des batteries électriques
La RDC impose de strict quotas d'exportation de cobalt depuis octobre 2025. Une mesure qui pénalise les miniers chinois et menace l'approvisionnement
Publié le · D'après: leblogauto
La RDC resserre son contrôle sur le cobalt
La République Démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt, a adopté une politique d'exportation stricte qui crée des turbulences dans la chaîne d'approvisionnement mondiale. Depuis février 2025, le pays a d'abord imposé une interdiction totale des exportations de cobalt pour absorber un excédent de production. À partir d'octobre, un système de quotas calculés sur la base des volumes exportés au cours des trois années précédentes a été mis en place.
L'objectif affiché : promouvoir la transformation locale du cobalt et créer davantage d'emplois sur le territoire congolais, plutôt que de simplement exporter la matière brute.
Des prix qui s'envolent, une filière électrique sous pression
Ces restrictions ont eu un impact immédiat sur les marchés : les prix de référence du cobalt ont bondi d'environ 160 % depuis février, tandis que l'hydroxyde de cobalt — le principal produit exporté depuis la RDC — a vu son cours plus que quadrupler. Cette flambée des prix affecte directement l'industrie automobile mondiale, particulièrement le secteur des véhicules électriques et hybrides rechargeables.
Le cobalt est un composant indispensable des batteries lithium-ion équipant ces véhicules. Les perturbations d'approvisionnement constituent donc un signal d'alarme pour la fragilité des chaînes d'approvisionnement en matériaux critiques — une préoccupation centrale pour l'industrie auto en transition énergétique.
MMG pénalisée par un quota « non viable »
Le cas du géant minier chinois MMG illustre les problèmes du système de quotas. Après avoir investi dans une usine de production de cobalt à sa mine de Kinsevere (mise en service en septembre 2023), avec une ambition annuelle de 4 000 à 6 000 tonnes, MMG a dû placer l'installation en veilleuse à la fin 2024 en raison de la faiblesse des prix mondiaux.
Ce ralentissement temporaire s'est avéré pénalisant : n'ayant pas d'exportations à la hauteur de ses ambitions au cours des trois années de référence, MMG n'a reçu qu'un quota de 360 tonnes pour l'année en cours — un volume sans commune mesure avec sa capacité installée.
Aaron Chen, directeur général des opérations de MMG à Kinsevere, a déclaré lors du congrès annuel de l'Institut du Cobalt à Madrid que la production de cobalt dans ces conditions est « économiquement non viable ». Il a appelé le gouvernement congolais à clarifier sa politique et les critères d'attribution des quotas.
Des investissements miniers en péril
Les tensions entre investisseurs miniers étrangers — principalement chinois — et autorités congolaises s'intensifient. Alors que le Congo cherche à valoriser ses ressources localement, les miniers questionnent la viabilité de leurs investissements futurs face à des quotas jugés insuffisants et à des critères d'attribution opaques.
Cette impasse menace à la fois la production locale et l'approvisionnement mondial en cobalt, à un moment critique où la transition vers l'électrique demande des volumes croissants de matériaux critiques.
Source : leblogauto