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Voitures électriques en flotte : l'UE durcit les règles, impact sur le Maroc
Bruxelles intensifie la pression sur l'électrification des flottes d'entreprise. Les nouvelles normes de l'UE pourraient affecter les importateurs et
D'après: caradisiac
Bruxelles reserre l'étau sur l'électrification des flottes
La bataille fait rage au Parlement européen autour du verdissement des flottes automobiles. Deux corapporteurs socialistes — l'Allemand Tiemo Wölken et le Français François Kalfon — viennent de durcir considérablement les règles du projet de Corporate Fleet Mandate (obligation de véhicules propres en flotte), déposé par la Commission européenne le 16 décembre 2025.
Les quotas électriques s'envolent
Concrètement, les eurodéputés proposent d'augmenter drastiquement la part des véhicules électriques (BEV) que les entreprises doivent acquérir :
- En 2030 : de 31 % à 37 % pour les pays moins développés économiquement ; jusqu'à 70 % pour les pays riches (contre 58 % initialement).
- En 2035 : jusqu'à 99 % de véhicules 100 % électriques dans les flottes des pays riches, avec suppression pure et simple des hybrides rechargeables.
François Kalfon défend cette approche : « Promouvoir l'électrification des flottes d'entreprise créera un marché de l'occasion florissant d'ici trois ans. C'est essentiel pour rendre les voitures électriques abordables pour les ménages à revenus moyens et modestes ».
La droite européenne contre-attaque
Face à cette offensive verte, la droite conservatrice du Parlement (groupe PPE) déploie ses contre-mesures. L'eurodéputé italien Massimiliano Salini défend une « ouverture technologique » : reconnaissance des e-fuels (carburants de synthèse) et maintien des hybrides rechargeables au-delà de 2035.
Argument clé : ces quotas trop ambitieux menaceraient les emplois européens et la compétitivité face à la concurrence internationale. Le soutien actif de l'industrie automobile allemande (VDA) renforce cette position.
Une soupape de sécurité : les vélos électriques
Face aux craintes des États de l'Est sur les coûts de transition, les socialistes ont proposé une échappatoire : les États membres pourraient réduire leurs objectifs d'électrification de 5 % maximum s'ils investissent dans la micromobilité — mise à disposition de VAE et vélos cargos pour leurs salariés.
Autre protection : à partir de 2030, les aides publiques et avantages fiscaux pour l'achat de véhicules d'entreprise seront réservés à la production fabriquée au sein de l'UE (marquage « Made In Europe »).
Implications pour le Maroc
Pour les gestionnaires de flottes marocains et les importateurs, ces normes pourraient redessiner les stratégies d'approvisionnement européen. Le marché de l'occasion électrique risque de s'accélérer, ouvrant des opportunités d'approvisionnement à bas coût — mais la fenêtre dépendra du compromis final.
Les négociations s'annoncent serrées : le fameux « trilogue » (Parlement, Commission, États membres) promet d'être âpre, avec plusieurs amendements attendus de la droite et des libéraux pour assouplir les contraintes.
Source : caradisiac