Actualité
Leasing en crise : comment les loueurs s'adaptent à l'électrique
Face aux flottes qui se contractent et aux véhicules électriques qui perdent de la valeur, les géants du leasing réinventent leur modèle économique.
D'après: caradisiac
Un modèle économique sous pression
Les loueurs longue durée font face à un double défi : les flottes d'entreprises se contractent en Europe, tandis que la valeur résiduelle des véhicules électriques s'effondre sur le marché de l'occasion. Les directeurs financiers rationalisent leurs parcs sous l'effet du télétravail, des contraintes environnementales et de l'optimisation des coûts. Ayvens, né de la fusion géante d'ALD Automotive et LeasePlan, voit sa flotte totale baisser de 5 % sur un an – une tendance qui s'étend à l'ensemble du secteur.
La situation s'aggrave pour les électriques : leurs valeurs résiduelles peuvent chuter de 60 % en trois ans, transformant ce qui était autrefois une source de profit en gouffre financier.
Les stratégies de riposte
Consolidation et réduction des coûts
Pour préserver leurs marges, les acteurs jouent la taille critique. La fusion créant Ayvens a permis de massifier les achats et de mutualiser les coûts de structure. Au premier trimestre 2026, l'entreprise a réduit ses frais de gestion de 10,7 %, captant 110 millions d'euros de synergies. Sans ces économies d'échelle, l'impact négatif aurait été dévastateur.
Une transition vers les services
Puisque la revente des véhicules ne rapporte plus, les loueurs se transforment en fournisseurs de services technologiques et financiers. Maintenance prédictive, gestion des cartes de recharge, télématrie pour optimiser la consommation – ces services à forte valeur ajoutée deviennent la base du modèle. Chez Ayvens, la marge des services a bondi de 6,9 %, agissant comme un amortisseur contre la chute des prix de l'occasion.
Le leasing d'occasion : une deuxième vie
Certains loueurs refusent simplement de vendre leurs électriques dépréciées. Plutôt que de liquider une berline au bout de 36 mois, ils la reconditionnent et la proposent pour un deuxième, voire un troisième cycle de location longue durée auprès des PME et particuliers friands de mensualités réduites. En prolongeant la détention de 4 à 8 ans, les leasers lissent la dépréciation de la batterie sur une durée double et reportent le moment de la revente, espérant qu'à ce moment le marché de l'électrique d'occasion sera enfin stabilisé.
Vers une stabilité incertaine
Ces adaptations montrent la résilience du secteur, mais la question demeure : suffira-t-elle à suivre le rythme de l'électrification imposée par les régulateurs européens, alors même que les clients finaux hésitent encore face à l'achat de véhicules électriques d'occasion ?
Source : caradisiac